L’ardoise magique

Deux jeunes filles sont assises sur la rambarde d'un pont. Un train surgit. L'une saute, l'autre pas. Celle qui a sauté, c'est Alice. Elle est riche, jolie, et habite un quartier résidentiel. L'autre s'appelle Mina. Depuis la mort de sa mère, elle vit chez son oncle et sa tante dans le quartier des HLM.

Les deux amies s'étaient jurer de se suicider ensemble. En rompant le pacte, Mina perd toute raison d'exister. Pourquoi n'a-t-elle pas sauté ? Qu'est-ce qui l'a retenue à la vie ? Pourquoi Alice voulait-elle en finir ? Quelle spirale les conduisait ainsi au suicide ?

Devenue fugitive, Mina cherche à comprendre ce qui s'est passé depuis qu'Alice a surgi dans sa vie. Pourquoi ont-elles noué une amitié si forte ? Qui était vraiment Alice ?

Cette enquête va pousser Mina à regarder la vérité en face, une terrible vérité, dont il lui faudra s'affranchir pour gagner sa liberté.

Editeur : Stock (03/03/10)
Collection : Bleue
ISBN-10: 2234064198
ISBN-13: 978-2234064195


REVUE DE PRESSE

Ouest France

La rédaction a lu...
Lorsque le train est passé, Alice, la riche et belle, a sauté. Mais pas Mina, l'orpheline et pauvre, qui a rompu leur pacte. Elles devaient se donner la mort en même temps. Sonnée et perdue, Mina se réfugie dans une maison inhabitée et commence une introspection pour comprendre pourquoi elle est encore vivante... L'accroche du roman (le suicide commun) interpelle le lecteur. Très vite, il se laisse embarquer par le récit de Mina, la narratrice, et attend d'elle des clefs pour élucider cet acte terrible. Mais celles qu'elle finit par lui donner ouvrent la porte d'une vérité inattendue.

Anne-Flore Hervé

Version Femina

Après "Providence", prix Version Femina-Virgin Megastore 2008, Valérie Tong Cuong nous étonne une nouvelle fois avec "l'Ardoise magique". Deux jeunes filles, Mina et Alice, un pont, un train. L'une saute, l'autre pas. Ces deux amies étaient déterminées à changer leur vie. Mais peut-on tout gommer comme sur une ardoise magique ?
L'auteur est diabolique car, à mesure qu'on découvre l'histoire, elle en déroule en réalité une autre. On aime décidément bien sa musique si particulière.

A.M.

La Vie

La Vie aime passionnément « l’ardoise magique »
Alice, jolie fille gâtée par la vie, et Mina, orpheline insignifiante élevée sans amour par son oncle et sa tante dans un quartier HLM, sont deux amies qui n’ont pas grand-chose en commun, si ce n’est leur désir d’en finir. Du haut d’un pont, l’une saute, l’autre pas. Dévorée par la culpabilité d’avoir rompu leur pacte, révoltée par son propre instinct de survie, Mina veut comprendre. Or plus elle creuse, plus elle part à la dérive. A l’aide de Sans-Larme, un barman gothique mais pragmatique qui l’aidera à ouvrir les yeux sur une terrible vérité, elle rompra avec cette spirale tragique... Dès les premières lignes, l’histoire nous happe. L’ébauche simpliste des personnages (Alice, la parfaite, Mina, la médiocre) donne d’emblée le ton de la fable. Elle prend peu à peu tout son sens au fil de chapitres courts, haletants, jusqu’à l’ultime rebondissement, qui clôt en beauté cette plongée fluide et lumineuse dans les pulsions morbides, et donc le désir de vivre, de l’adolescence.

Anne Berthod

TGV Magazine

Qu'est-ce qui peut pousser deux jeunes filles à braver la mort ?
Assises toutes deux au bord d'un pont surplombant des rails, l'une va sauter, l'autre pas. L'auteur revient sur ce drame en menant une enquête très poignante et n'hésite pas, dans une langue précise, à pointer du doigt les contradictions socioculturelles de notre temps.

Ph. d. F.

L'écho Républicain

Valérie Tong Cuong publie
Dans L’ardoise magique, Valérie Tong Cuong narre la rencontre de deux jeunes filles que tout oppose.
Avec L’ardoise magique, Valérie Tong Cuong nous gratifie de son roman le plus subtil au niveau émotionnel. Contrairement à ses précédents livres, la romancière braque les projecteurs sur une héroïne, qui retient toute l’attention du lecteur jusqu’à la dernière ligne.
Mina est une jeune fille qui démarre mal dans la vie. Orpheline de père inconnu et d’une mère alcoolique, elle se retrouve en pleine adolescence chez son oncle et sa tante qui l’accueillent à contrecœur. Pour sortir de cette hostilité touchant les sentiments, elle se lie avec une amie qui est tout son contraire. Belle à pleurer, vivant dans un quartier chic, Alice est le côté positif de la photo tandis que Mina est en arrière dans le négatif. Mais un jour Alice met fin à leur liaison. Mina doit réapprendre à vivre sans cette amitié. Elle doit se reconstruire pour trouver sa voie et avancer dans la vraie vie sans béquille. Fait de subtilité et de douceur, L’ardoise magique ne manque pas de crisser sous la craie du destin.
Pourquoi avez-vous choisi un thème aussi dur ?
J’ai démarré avec une image, celle de deux jeunes filles réunies sur un pont des chemins de fer. Un train arrive, l’une saute et l’autre pas. Cela a surgi dans mon esprit. J’ai su que j’allais pouvoir aborder des questions existentielles comme la recherche du bonheur, le sens de la vie et le moteur de la vie. Et puis, je voulais travailler sur un point : comment à un moment donné, lorsque l’on est dans une impasse, on se remet en marche, on trouve l’appétit de vivre.
Vous parlez d’appétit de vivre en orientant les projecteurs sur le monde de l’adolescence…
Je pense que j’aurais pu très bien choisir un autre contexte que l’adolescence puisque même adulte, on peut se retrouver dans une impasse. Mais l’adolescence m’inspire particulièrement parce que cela reste une période fascinante et extrêmement difficile pour tout le monde. Peu de gens disent qu’ils ont été heureux dans leur adolescence.
Comment mesurez-vous les conséquences de l’adolescence?
On voit des jeunes qui sont parfaitement à l’aise en dehors mais qui vivent de grandes souffrances. Il y a des questions existentielles qui surgissent relatives à la vie et à la mort. Tout vous tombe dessus en un an ou deux. Ce sont des marmites dont on a obstrué toutes les ouvertures. Parfois cela explose.

Espoir

Au cours de cette période, la communication n’est pas simple…

C’est difficile parce que les questions existentielles arrivent. On les ressent très puis-santes et les adolescents ont beaucoup de mal à les exprimer. Ils ne verbalisent pas en général. Cela a un effet pervers. Les jeunes se renferment sur eux-mêmes. Ils peuvent offrir au monde un visage où ils se sentent à l’aise mais c’est là que cela peut déraper. Il faut que la vapeur sorte. Si ce n’est pas le cas, cela peut aller très loin. Il y a l’amour qui est un levier puissant pour déverrouiller tout ça. Mais encore faut-il le trouver.
Comment sort-on d’une impasse pour re-trouver le chemin de la vie?
La plupart du temps lorsque l’on est dans une impasse, on a tendance naturellement à sombrer puisque l’on regarde vers le bas. On ne voit plus que ça. Il faut que quelqu’un d’autre vous permette de dire stop. C’est rarement soi-même. Très souvent, des solutions sont là, pas si loin devant nous mais encore faut-il avoir envie à un moment donné de vouloir les voir.
Dans votre livre, il y a cette question obsédante sur le sens de la vie...
La vraie question, c’est celle-ci : pourquoi vivre? Comment trouver le carburant pour vivre? Lorsque l’on a le sens d’avoir tout perdu aussi bien jeune que plus âgé, est-ce que l’on a réellement tout perdu ? Est-ce qu’il n’y a pas un moyen de reposer la question différemment? C’est le moment d’essayer de re-garder sa vie avec un autre oeil. Et là, on peut découvrir que l’on a des choses en nous et que la vie est là.
On est loin d’un certain bonheur que l’on cherche à nous imposer…
Lorsque l’on parle de concepts aussi pointus que le bonheur, il faut avoir pu se dépouiller de tout, sous plusieurs formes. Ce n’est pas que matériel. Le bonheur n’est pas forcment caché dans le bien matériel.

Avec vous, on est devant le paradoxe d’un thème difficile et d’une écriture d’une extrême douceur.
Je pense que la dimension la plus importante au regard du sujet, c’est la fluidité de l’écriture. Il était important de prendre le lecteur par la main et de l’amener à aller jusqu’au bout du livre pratiquement sans respiration. Tout cela suppose beaucoup de confort et de douceur. C’est toute la difficulté, lorsque l’on veut traduire l’urgence sans malmener le lecteur.

Propos recueillis par Pascal Hebert & Estelle Guimbretier

Point de Vue

Miraculeux "Atelier des miracles"
Les états d'art de Valérie Tong Cuong.
Elle a appris à jongler entre toutes ses vies. Ecrivaine, chanteuse, coscénariste de Heart of blackness, l'adaptation au cinéma de son roman Où je suis, maman épanouie de quatre enfants, elle présentera son "dernier-né" en littérature : L'Ardoise magique, sur la plage aux Ecrivains, à Arcachon, les 8 et 9 mai prochains.

Mon dernier ouvrage révèle que la vie est parfois inattendue. L'Ardoise magique commence par une scène de suicide et pourtant ce roman est tout sauf un livre sur la mort. Il parle de la beauté de l'existence. Le lecteur sera surpris par ce qu'il va découvrir sur l'héroïne, Mina, et qu'elle va elle-même réaliser... Je crois que j'ai réussi mon coup ! J'espère que le lecteur se sent pris par la main, embarqué... J'aime lorsque se croise le plaisir de l'écriture avec l'intensité d'un personnage. Un lecteur m'a dit : "Mina est toujours dans ma tête, je continue de penser à elle", c'est le plus beau compliment que l'on m'ait fait.

Mes auteurs fétiches restent Samuel Beckett et William Faulkner. J'aime leur traitement des personnages, leur façon de leur donner du souffle et de m'emporter dans leurs histoires, avec cette étrangeté chez Beckett et cette force qui me coupe en deux chez Faulkner. On ne peut pas rester insensible à ces écritures. Pour moi, la littérature doit être intense, elle doit bousculer...

Certains auteurs peuvent vous accompagner. C'est le cas pour moi de Dostoïevski. Vous vivez avec eux pendant un certain temps, puis un autre prend sa place et vous lui ouvrez votre porte. Je l'ai fait avec Camus, Gary, Kundera ou Barthes... J'ai énormément lu plus jeune. Aujourd'hui, un peu moins, car le rythme de ma vie et ma famille nombreuse ne m'en laissent pas le temps.

Je suis en train de découvrir Jacques-Stephen Alexis, un grand auteur haïtien des années 1960. On me l'a conseillé lors d'une discussion, à la suite du tremblement de terre sur l'île. Ses romans sont poétiques et vivants à la fois. Je lis en ce moment Compère Général Soleil : rien que le titre est un poème. On est transporté dans les ruelles de l'ancienne époque de Port-au-Prince.

Je recommande "Quand le mal est fait", de Nan Aurousseau, l'histoire d'un homme qui prend sa retraite. Juste avant de partir on lui demande d'aller chercher la clé d'un bureau dans les sous-sols d'une tour où il se retrouve coincé. Tout est étrange là-bas et il a tellement bu... Cela tourne au cauchemar dans cette fantaisie barbare, au bon sens du terme, et tellement bien écrite ! Autre roman, celui de Tatiana de Rosnay, Le Voisin. Elle est une originalité dans le paysage littéraire français. Elle écrit des sortes de thrillers, mais pas à l'américaine. Ses histoires sont à la fois angoissantes et subtiles. Et, bien sûr, le premier roman d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Fourrure, que j'ai beaucoup aimé !

Le cinéma français nous réserve de belles années. Nous avons traversé une période où il n'y avait pas de sang frais et aujourd'hui nous avons Remi Bezançon avec Le Premier Jour du reste de ta vie, Pascal Elbé avec Tête de Turc ou Jacques Audiard avec Le Prophète... Sans oublier Lionel Mougin et Isabelle Boni-Claverie, les réalisateurs qui travaillent sur les deux adaptations cinématographiques de mes romans Providence et Où je suis. Je suis une fan de Roman Polanski, et, évidemment, j'ai adoré The Ghost Writer. Enfin, j'irai voir le dernier documentaire de Michel Gondry, L'Epine dans le coeur.

Je recommande le one-woman-show de la comédienne Delphine Mc Carty. Il est drôlissime. Delphine Mc Carty dérape est une excellente manière de poursuivre après un dîner entre amis. C'est un régal !

Je ne me lasse pas de l'album de Benjamin Biolay, La Superbe. Je sais que cela n'est pas très original mais sa musique est magnifique et je partage son amour de Gainsbourg. Ses textes sont très forts en émotion et son univers musical sublime.

Quand j'ai vraiment envie de me déconnecter, j'adore regarder des séries. Parmi mes favorites : 24 Heures chrono, Desperate Housewives, Brothers and Sisters, The Wire ou Breaking Bad. On ne peut pas toujours être dans la réflexion, il faut parfois se faire plaisir. Pour me détendre, je vais acheter un magazine comme Elle. Sinon, je suis une accro de l'actualité que je suis beaucoup sur Internet. Et j'achète Le Point ou L'Express, selon leur dossier de couverture. Mais je ne veux pas me sentire coincée dans cet espace intérieur où il faut toujours réfléchir et nourrir la réflexion.

J'ai l'impression d'avoir plusieurs vies parallèles. J'ai la chance d'avoir des journées extrêmement remplies, mais ce sont aussi des journées de combat permanent. Tout cela a un prix : je suis fatiguée à longueur d'année ! Pour mener à bien tous mes projets - mon premier restant ma famille - j'ai développé des compétences acrobatiques... et accepté d'être souvent imparfaite !

Propos recueillis par Nathalie Feld

JDD

"A la vie, à la mort"
Pour son septième roman, Valérie Tong Cuong renoue avec ses thèmes de prédilections : le destin, le hasard, les blessures du passé. Dans "Noir dehors" (Grasset, 2006), une panne générale plonge New York dans le chaos. Dans "Providence" (Stock, 2008), à travers quatre destins croisés, on découvrait comment plusieurs vies peuvent basculer à partir d'un rien.
Dans "l'Ardoise magique", tout sépare Alice et Mina, dix-huit ans. La première est belle, riche, bien née. Un chauffeur vient la chercher tous les soirs au lycée pour la ramener dans une luxueuse demeure. La seconde, au physique banal, vit dans un HLM avec son oncle et sa tante depuis le décès de ses parents. Pourtant, une amitié puissante va se nouer entre les deux. Tellement puissante que lorsqu'Alice propose à Mina d'"en finir avec tout ça", elles passent un pacte. Se suicider. Mais le jour J, devant le train qui arrive à toute vitesse, à la dernière minute, Alice saute. Mina, pas.
Le suspense s'accroît de page en page...
Incapable de revenir à sa vie d'avant, Mina prend la fuite, se cache dans une petite cabane, en pleine forêt. Elle aura le soutien inattendu d'un garçon étrange et attachant surnommé "Sans-Larme", un de ces gothiques vêtus de noir et bardés de têtes de mort, lui aussi enfermé dans une sorte de solitude, mais qui parvient à lui faire voir les choses en face. Pourquoi Alice voulait-elle en finir ? Parce qu'elle avait tout ? Que cachait son existence, si lisse, si parfaite ?
Mina mène l'enquête pour tenter de comprendre qui était vraiment son amie. Le suspense s'accroît de page en page, et quand la vérité se révèle enfin, elle est glaçante et inattendue. Valérie Tong Cuong réussit un roman "psy" tout en finesse, teinté de résilience et d'espoir, malgré des thèmes sombres.

Tatiana de Rosnay

Elle

L’une saute, l’autre pas. Alice et Mina, deux adolescentes, avaient signé un terrible pacte. Mais la première s’est jetée sous le train tandis que la deuxième est restée sur le pont. En état de choc, Mina se réfugie dans une maison abandonnée, dévorée par la culpabilité. L’une avait tout, l’autre rien. Alice était belle, surdouée. Mina est seule, insignifiante. Pourquoi a-t-il fallu que ce soit Alice qui saute ? Et comment se fait-elle que, malgré le désespoir et la honte, Mina se sente revivre ? Le nouveau roman de Valérie Tong Cuong a la simplicité des fables : une riche face à une pauvre ; une morte face à une vivante ; une héritière face à une orpheline… Cette façon de raisonner par grands blocs aurait quelque chose d’un peu stéréotypé si, imperceptiblement, le cours des événements n’était dévié, la logique subvertie. Renouant avec ses personnages tourmentés, l’auteure de Big (1997) et de Noir dehors (2006) livre une très convaincante plongée en apnée dans l’univers mental d’une jeune fille en détresse. Et une belle histoire de résilience qui nous prouve que «nous sommes faits de la même étoffe que les songes». La conclusion de l’Ardoise magique ne s’effacera pas de sitôt de vos mémoires.

Patrick Williams

Marie France

Coup de cœur.
Amies à vie ? Elles avaient signé un pacte à la vie, à la mort. Alice, riche et jolie, Mina, dans son ombre et dans son HLM. Alice a sauté du pont, Mina non. Elle se cache dans une maison abandonnée, rencontre un garçon, un peu en marge lui aussi. Mina est minée, Alice est passée de l’autre côté du miroir. Mina est troublée, qui est-elle vraiment ? C’est elle qui se raconte, qui se dévoile. Valérie Tong Cuong aime les zones d’ombre qu’elle éclaire d’une écriture limpide, presque douce, comme une confession murmurée à l’oreille des lecteurs. Le charme opère.

Bernard Babkine


REVUE DU WEB

L'UNIVERS DE KORYFEE

L'ardoise magique, Valérie Tong Cuong : une lecture koryféerique !
«Ce qui ne va pas, c’est que je n’ai pas sauté.
Ce qui ne va pas, c’est qu’elle, elle a sauté.»
Voilà cette pensée térébrante qui hante Mina, tandis qu’elle a rompu le pacte scellé avec sa meilleure amie, Alice : se suicider ensemble en se jetant sous un train. A la dernière seconde, elle n'a pas pu...
Mina, adolescente complexée, repliée sur elle-même, transparente dans le regard des autres et surtout dans le sien. Mina, de père inconnu, de mère décédée rongée par l’alcool, élevée par des proches qui voient en elle un fardeau. Mina au passé très lourd, absente à son présent, à l’avenir bouché. Mina, qui se sent encore plus mina-ble désormais.
Tandis qu’Alice... Alice, son double inversé, avait en apparence tout pour être heureuse. Solaire, spirituelle, belle, intelligente, érudite, élevée dans l’aisance matérielle. Alice à qui il ne manquait rien... en apparence.
Alors pourquoi, pourquoi Alice a-t-elle pris cette décision et l’a-t-elle suivie jusqu’au bout ? Car si Mina l’a rejointe dans ce désir de mettre fin à ses jours, elle réalise l’avoir fait sans jamais comprendre les motifs de son amie. Pourquoi Alice, vivant «au pays des merveilles», éprouvait-elle ce désenchantement ? L’image inversée d’elle-même qu’elle lui offrait dans le miroir de leur ineffable amitié était-elle un faux-semblant ? Ce miroir reflétait-il ce que Mina voulait voir et non ce qui était vraiment ? Car qui était Alice réellement, profondément, au plus secret de son cœur et de son âme ? Ce reflet d’un être à qui la vie sourit n’était-il qu’une projection d’un idéal fantasmé ? Etait-ce un miroir sans tain, lequel se laisse regarder mais empêche de voir au-delà de lui ?
Là se trouve la clef du mystère qu’il appartient à Mina de percer. Car en perdant Alice, elle a perdu l’Amie par excellence, celle qui comprend tout au premier regard, celle qui vous donne plus de confiance que vous n’en avez en vous-même, celle qui répond toujours présente. Celle dont la simple existence illumine votre vie. Et d’investiguer, encouragée par un autre éclopé de la vie que le destin mettra sur sa route : Sans-Larme, un barman gothique un peu marginal, plein de bon sens, de lucidité, touchant d’altruisme et désireux de permettre à l’adolescente perdue de retrouver des balises.
Quel est le sens de la vie ? Quelles sont ses authentiques valeurs ? Où se situe l’essentiel ? Subit-on l’avenir ou le fait-on ? C’est à ces questions que Mina devra répondre pour résoudre l’énigme de la mort de son amie et... celle de sa propre survie.
Avec une fluidité exemplaire, une tension constante et une sensibilité à fleur de plume, Valérie Tong Cuong nous emmène sur les traces de Mina, sur son «parcours initiatique», jusqu’à la chute finale, somptueusement inattendue, vertigineusement belle. Elle nous montre brillamment que le manque peut générer deux attitudes : là où certains y puisent un surcroît de vie, une volonté farouche de le combler, d’autres s’y laissent dépérir, assis dans un fauteuil de lamentations stériles. Alors, être acteur de sa vie ou simple spectateur ? Modifier le prisme de son regard pour savoir déceler les richesses de l’existence et les faire prospérer ou ne se focaliser que sur ce qui ne va pas ? Un roman poignant, véritable ode à la vie, au sujet duquel Christian Bobin aurait pu écrire «Il faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait ce qu'un peu. Il nous faut naître par la chair et ensuite par l'âme.».

Karine Fléjo
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Lire est un plaisir

"Mort, où est ta victoire ?"
Doubles antithétiques et schizophréniques, Alice (une adolescente riche, jolie, brillante et qui habite dans les beaux quartiers d’une petite ville de province) et Mina (une pauvre orpheline qui vit dans une HLM du même patelin avec ses oncle et tante du genre Thénardier) ont scellé le pacte d’en finir ensemble avec la vie en se jetant d’un pont sous un train. Le moment venu, Alice saute, Mina pas. Devenue fugitive, elle rencontre Sans-Larme, un jeune gothique qui la pousse à vouloir comprendre ce qui s'est passé depuis qu'Alice est entrée dans sa vie. Et les questions de fuser : pourquoi Mina n'a-t-elle pas sauté ? Qu'est-ce qui l'a retenue à la vie ? Pourquoi Alice voulait-elle en finir ? Quelle spirale les conduisait ainsi au suicide ? Pourquoi ont-elles noué une amitié si forte ? Qui était vraiment Alice ? Quel secret terrible dissimulait-elle derrière son sourire éclatant ? Les ingrédients du roman de Valérie Tong Cuong intitulé L’ardoise magique paru tout récemment chez Stock à Paris pourraient laisser croire à du mélo ou de la guimauve... Mais le rebondissement final, habile et inattendu, induit une relecture téléologique de cet ouvrage extraordinaire qui place le suicide et ses mystères au cœur des interrogations du lecteur. Acte esthétique ou de courage ? Jeu avec le feu ? Appel au secours ? Point final d’une vie perçue comme à son point culminant ? Aboutissement logique d’une souffrance vécue comme insupportable ? Manière de marquer d’une empreinte indélébile la mémoire de ceux qui ne nous voyaient pas ? Volonté illusoire d’être enfin pleinement, mais dans le néant ? Espoir de passer du mauvais au bon côté des choses ? Et puis, pourquoi se suicider à deux ou à plusieurs ? Par hâblerie, défi, désespoir partagé ou par impression que cela sera moins difficile que si l’on meurt seul ? Des interrogations souvent sans réponse, certes, mais que chacun est amené à se poser un jour où l’autre avec plus ou moins d’acuité...
Pour notre part, nous souhaitons longue vie à ce petit livre d’une immense habileté et d’une finesse de ton remarquable, sur ce sujet ô combien délicat.

Bernard Delcord
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Le blog de Thomas Clement

Cette semaine j'ai eu le plaisir d'être invité à prendre l'apéro chez Valérie Tong Cuong à la veille de la sortie de son nouveau roman. Elle me reçoit dans son vaste salon décoré de guitares, d'imagerie rock, d'œuvres d'art, de disques vinyles et bordé d'immenses étagère débordant de littérature anglo-saxonne. J'avais adoré "Providence" son formidable roman choral paru en 2008 (souvenez-vous) et j'ai retrouvé exactement le même plaisir en dévorant "L'ardoise magique" (Stock) sorti cette semaine [...]
Avec ce 7ème roman, Valérie confirme son talent d'écrivain populaire au bon sens du terme, c'est à dire dont les histoires parlent à tout le monde. Elle sait mieux que personne nous faire entrer dans les sentiments de ses personnages. Son style est d'une fluidité exceptionnelle, sans artifice, sans trucages branchés. Avec cette jolie histoire, elle nous scotche, nous émeut, nous ballade avant de nous achever avec un retournement final pour le moins étonnant. On est presque un peu frustré quand le roman se termine, on aurait aimé rester un peu plus longtemps avec avec Mina et Alice, avec Sans-Larme,... avec Valérie en fait..

Thomas Clément
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LE BLOG RAISON ET SENTIMENTS

Ce livre me faisait envie depuis que j'avais vu l'auteure en parler dans Au Field de la nuit, lundi dernier. Récente passion je l'admets, mais c'est comma ça. Je pensais ne pas pouvoir le lire avant sa sortie en poche par manque de ressources, mais hier on m'a dit que j'avais le droit d'acheter un livre (il y a des fois comma ça où on ne pose pas de questions), et c'est ce que j'ai fait.
J'ai tout d'abord été déroutée par l'écriture de ce livre ; par la netteté des phrases, la méticulosité des descriptions, la justesse des propos. Tout me semblait trop bien fait, trop juste, trop pensé, trop réfléchi. Je ne voyais nulle trace de naturel, de folie, de danger. Rien que de sublimes phrases, ciselées comme une pièce d'orfèvrerie. Sentiment étrange donc ... Puis je me suis laissée emballée par ces sublimes et parfaites phrases ; par leur musicalité si étrange, mais si belle. Par la "clarté" de ce qu'elles racontaient, par l'histoire que Mina nous contait.
Et si je m'attendais à une telle histoire ?! Le résumé, les critiques, les propos de l'auteure lors de l'émission, rien ne laissait présager ce que serait la fin. Ce que Mina aurait à découvrir. Et même en lisant le livre on s'attend à autre chose, l'auteur nous conduit à le penser, nous ballade avec habileté.
Le début est singulier, évidement on le comprend quand on connaît la fin, la suite est étourdissante, elle vous prend au coeur, elle vous ballade, vous perd, vous retrouve. On est abasourdie par ce que Mina découvre, on se demande si d'un moment à un autre on va passer dans le mauvais, dans la caricature, la surenchère, si la beauté du texte va se flétrir. Mais rien de tout cela ne se passe ; comme le début, la fin du livre est belle, lumineuse. Ni larmoyante, ni caricaturale.
En deux mots : Une étrange lecture ; une belle, très belle lecture.
En lisant, j'ai pensé à : Curiosité, Anges.

Raison-et-sentiments
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LE BLOG DECALE PAR JULIE

Troublante rencontre entre une plume douce et fluide et une fiction tourmentée...
Mina est l'héroïne. Mina est un oiseau blessé. Mina n'a pas de chance, c'est le moins qu'on puisse dire. Mina a un passé éclopé.
Une maman disparue des suites d'un penchant pour la boisson,une maman négligente à la culotte toujours impeccable, une grand-mère qui lustre et qui autorise à s'asseoir sur le canapé, une grand-mère éteinte de chagrin suite au décès de sa fille, un père inconnu au bataillon et, une tante marâtre qui a honte les soirs de réception, un oncle qui joue l'hôte indifférent et qui subvient aux besoins par obligation plus que par affection.
Et en plus, Mina est insignifiante! Orpheline, effacée, presque muette, une intelligence médiocre, un physique tout juste passable et bon à être exilé de l'amour ad vitam eternam. Mina, on ne sait même pas qu'elle existe la plupart du temps.
Enfin, c'est elle qui dit tout ça... parce qu'Alice !
Vous ne connaissez pas Alice ?
Un jour débarque Alice dans ce lycée morne où ne se passe jamais rien. Oui, c'est l'arrivée d'Alice, la belle Alice gâtée d'autant de qualités que d'argent de poche, Alice aussi pétillante qu'intelligente, Alice et son chauffeur personnel, Alice si jolie avec ses boucles blondes, "Alice cent millions de pixels", qui s'intéresse à Mina, c'est presque trop beau! Après toutes ces douleurs, tous ces affronts à avaler, pour Mina, Alice est un miracle, un remède tout en sourires et en compréhension.
Mais,quelques mois plus tard, Alice décide de mourir et n'en démord pas. Mina est en colère, trouve la vie décidément trop injuste ! Pourquoi cette décision ! Pour une fois qu'elle avait une amie !
Alors Mina propose de faire le pas aussi...puisqu'après tout elle pense que sa mort à elle est plus justifiable que celle d'Alice.
Or lorsque le train arrive, Alice saute...mais Mina pas. Et Mina ne comprend pas : pourquoi elle est toujours là, elle ? Quel sursaut de vie a bien pu la retenir ? Quel espoir ? Comment ne pas culpabiliser de sa lâcheté vis à vis de l'admirable détermination d'Alice ?
Heureusement qu'il y aura Sans-Larme, heureusement qu'il y aura des explications rationnelles pour ceux qui en cherchent, heureusement que Valérie Tong Cuong aura tendu sur la route de Mina une main aussi attentive que sensible.
L'ardoise magique est un roman étonnant non seulement parce qu'il trompe le lecteur jusqu'à la fin mais aussi parce qu'on se laisse porter par l'écriture avec une facilité déconcertante qui fait qu'il se dévore en quelques heures, compulsivement.
Oui, pas envie de s'arrêter, juste pour ne pas laisser trop longtemps Mina dans sa cabane enfantine, juste pour découvrir vite quel abominable secret se cache derrière la mort d'Alice.
Alice... jolie héroïne au serre-tête sage de Lewis Carroll qui fait actuellement l'objet de l'actualité sous les caméras de Tim Burton. Alice, jolie blonde parfaite et sage qui crapahute au pays de l'imaginaire...
L'ardoise magique est elle aussi toute d'actualité...

Julie
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LE BLOG D'ELISABETH ROBERT

Un livre envoûtant, on le lit presque d’une traite tant on est dans les confidences de Mina. Son destin, ainsi que celui d’Alice sont autant de preuves que le manque d’amour peut conduire au pire.
Face aux rails, lorsque le TGV arrive, l’une saute. L’autre pas.
Et c’est de cet instant où tout bascule que tout commence. Mina est restée, Mina doit affronter ce choix, assumer le deuil de sa meilleure amie, de son autre.
Je n’avais rien lu encore de Valérie Tong Cuong, désormais je vais suivre sa route. Avec un style fin, léger comme un souffle elle nous enveloppe dans ses bras, dans ses lignes. Chaque page est une caresse où l’on prend plaisir à s’arrêter, en effet dans les pages de cet auteur, nul doute, on se sent bien.
J’avais envie de secouer Mina et en même temps de l’observer se sortir de son impasse. Curieuse de découvrir comment l’on peut survivre à ce qui nous semble le pire... Désireuse de comprendre que le pire qu’elle nous offre n’était pas encore son véritable enfer.
Un roman que je recommande, j’ai la sensation d’un livre vraiment abouti, le genre que l’on referme avec le ventre plein. Un grand merci à Valérie Tong Cuong de nous emmener dans un univers aussi désarmant et aussi touchant.
PS : Le titre du livre m’a rappelé ce jeu où l’on écrit sur une ardoise, ensuite on la retourne, on secoue et tout s’efface. En quelque sorte c’est le destin de Mina...

Elisabeth Robert
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Ados.fr

Le jour où Alice arrive dans la classe de Mina, celle-ci n’imagine pas qu’elles deviendront un jour amies. Parce que contrairement à Mina, Alice a tout pour plaire : belle, bien habillée, des parents riches, elle se révèle aussi cultivée et bonne élève. La fille parfaite ! Quoique très mystérieuse... Des mois plus tard, leur amitié les amènera au bord d’un pont, d’où elles ont promis de sauter ensemble. Alice ira jusqu’au bout, laissant Mina au bord de la route.
Alice et Mina sont voisines au lycée mais ne se parlent pas. Mina, fascinée, se contente d’observer cette fille qui est à l’opposé d’elle. Depuis le décès de sa mère, Mina vit chez son oncle et sa tante, et ce nouveau foyer froid, sans amour, la rend malheureuse. Tandis qu’Alice vit dans les beaux quartiers de la ville, Mina habite un HLM. L’une a un chauffeur, l’autre prend le bus... Bref, leurs seuls points communs sont de se sentir isolées au lycée et de grandir dans une famille qui ne leur correspond pas.
Engagée corps et âme dans cette amitié, Mina ne s’aperçoit pas que sa relation avec Alice est déséquilibrée. Ce n’est qu’après le suicide de son amie qu’elle va en prendre conscience, avec l’aide de Sans-Larme, son nouveau compagnon de solitude : «Connaissais-je vraiment Alice ? Je ne savais d’elle que ce qu’elle avait bien voulu me dire. Elle était apparue, et je l’avais aimée aussitôt, à l’instinct. Je n’avais pas enquêté, je ne l’avais pas interrogée. (…) Je lui avais raconté mon passé, mais elle, rien. Ou si peu. Elle n’avait livré que des généralités. Un tableau impressionniste.» Sans Alice, Mina n’a plus aucune raison de vivre, suppose-t-elle. Mais que cachait son amie ? Pourquoi n’a-t-elle jamais montré à Mina l’endroit où elle vivait ? Ces mystères à résoudre donnent à Mina la volonté de continuer d’exister. En commençant par aller à la rencontre des parents d’Alice, dans leur luxueuse maison.
Entre les souvenirs et le présent, L’ardoise magique analyse un sentiment, l’amitié, dans toute sa complexité. L’extrême complicité se mêle au mystère, l’admiration de l’autre au rejet de soi... A force de se dévaloriser, Mina a déformé, idéalisé sa perception d’Alice. Et en découvrant ce que son amie a voulu lui cacher, elle en apprend surtout sur elle-même. Elle prend aussi conscience que le destin qui s’annonce pour elle n’est pas si sombre qu’elle le craignait. Quant au retournement final, Valérie Tong Cuong l’amène avec adresse. Il éclaire tout le roman d’une lumière nouvelle, incitant même à le lire une seconde fois...

Madeleine Bourgois
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A la lettre

Ah si seulement Alice n’avait pas sauté !
Éblouissant et prodigieux ce septième roman de Valérie Tong Cuong. Le titre - L’ardoise Magique - ressemble à celui d’un conte de fées et pourtant la première page nous plonge en plein cauchemar : Deux amies de dix-huit ans sont assises sur la rambarde métallique d'un pont. Un TGV surgit. Elles se sont juré de se suicider ensemble. Alice, la plus jolie, celle qui habite un quartier résidentiel, saute. Mina, orpheline, vivant chez une tante antipathique et étriquée, rompt le pacte. Elle s’enfuit. Puis elle nous confie son histoire.
Tel est l’un des dons de Valérie Tong Cuong de jouer si magnifiquement avec l’ombre et la lumière et de souffler tour à tour le chaud et le froid. L’ardoise Magique commence par nous faire frissonner dans les sous-bois lors d’une nuit de cafard puis nous réchauffe immédiatement d’un rayon de soleil automnal.
Mina et Sans Larme, un barman gothique qui deviendra son compagnon d’infortune , ont leur lot de blessures et de fêlures . Ils pourraient se refermer sur eux-mêmes, et pourtant grâce à la générosité de l'auteure de Providence, ils se rapprochent et s’apprivoisent. Ils passent du mutisme à la confidence, de la solitude à la tendresse, du désespoir à la reprise en main de leur propre histoire.
« Il n’y a pas de bien et de mal, pas de noir ou de blanc, il y a ce que je décide de faire à partir du monde que j’analyse avec mes propres clés. Je suis maitresse de ma vie et de chacun de mes choix. Penses y ».
Des chapitres très courts, haletants, une construction lumineuse, une imagination inouïe et surtout une tendresse communicative pour des personnages qu’on on a envie de protéger dès le premier regard.
Malgré les drames, la mort qui rôde, les souffrances de l’enfance, les survivants de l’Ardoise magique ont décidé de vivre debout et nous offrent la plus belle des leçons d’optimisme.
Dans un monde livré au chacun pour soi, à la consommation, au superficiel, et à la réussite, Valérie Tong Cuong rend hommage aux laissés-pour-compte et nous offre une magnifique histoire d’amour et d’amitié.
Ce roman est à couper le souffle.

Guy Jacquemelle
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impudique.net

L’ardoise magique est un de ces romans qu’on lit d’une traite. Valérie Tong Cuong impose des images : deux jeunes filles, un pont, un train, un saut. Et puis, par petites touches, elle dépeint un autre scénario et toute l’histoire à laquelle on commençait à croire s’efface pour devenir autre.
C’est là, tout le principe d’une ardoise magique, non ? L’ardoise magique, ce support créatif fait pour stimuler l’imagination des enfants… L’enfant dessine, efface, dessine un nouveau paysage, un autre bonhomme.
Tout autour de nous, il existe des êtres que la vie secoue comme le ferait un tambour de machine à laver le linge en mode essorage. Valérie Tong Cuong raconte Mina et Alice, deux amies prêtes à tout pour que leur vie change. Est-il possible d’effacer sa vie comme on efface le dessin qui figure sur une ardoise magique ?
L’ardoise magique est un roman fort sans être lourd, noir sans être glauque et rempli d’espoir sans être fleur bleue. Bien loin de ces romans français dont l’auteur ne sait parler que de son nombril. De la bien belle ouvrage !

Cali Rise
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Le Mag Chic

Attention, c'est à un train d'enfer que vous allez embarquer pour le nouveau livre de Valérie Tong Cuong; sans crier gare, ces 176 pages vont mettre à mal vos certitudes et vous allez découvrir qu'une vérité peut en cacher une autre...
L’auteur nous avait déjà secoués avec Providence et son patchwork existentiel plus que réussi mais peut-on rééditer un succès après un prix littéraire ? Avec Ardoise Magique, la réponse est OUI, nous retrouvons le souffle de Valérie qui traverse tous ses romans et ce dernier titre est particulièrement réussi ! Une minute après avoir ouvert le livre, je me suis surpris à le lire dans la rue, dans le métro,au restaurant…. mais pourquoi ? Sans doute pour cette sensation étrange qui se dégage au fil des pages,la force du récit, l'émotion aussi...
Deux jeunes filles sont assises sur la rambarde d'un pont. Un train surgit. L'une saute, l'autre pas. Celle qui a sauté, c'est Alice. Elle est riche, jolie, et habite un quartier résidentiel. L'autre s'appelle Mina. Depuis la mort de sa mère, elle vit chez son oncle et sa tante dans le quartier des HLM. Les deux amies s'étaient juré de se suicider ensemble. En rompant le pacte, Mina perd toute raison d'exister.Pourquoi n'a-t-elle pas sauté ? Qu'est-ce qui l'a retenue à la vie ? Pourquoi Alice voulait-elle en finir ?
Quelle spirale les conduisait ainsi au suicide ? Devenue fugitive, Mina cherche à comprendre ce qu'il s'est passé depuis qu'Alice a surgi dans sa vie.Qui était vraiment Alice ? Pourquoi leur amitié était-elle si forte ? Dans un paysage post industriel ravagé par la crise, le lecteur navigue dans un univers trouble, dans une intrigue où l’auteur s’ingénie à brouiller les cartes, ménageant le suspense jusqu’au bout. Le lecteur est vite habité par les personnages qui ne le lâchent plus d’une semelle. avec une Mina bouleversante dans sa recherche de l’autre
Comme elle,on a tous eu dans nos vies son autre, son modèle…des fois la réalité est trop lourde et on a tant envie de la partager... L’auteur fait-elle allusion à son passé ou manifeste-t’elle de façon remarquable une profonde empathie pour les mal aimés ? Une chose est sûre, elle aime ses personnages. Elle réhabilite à travers eux-ci tous les sans grade,les laissés pour compte et leur donne le code pour transgresser l’idée que l’argent est le bonheur et brise à jamais le tabou de l’apparence !!!!
C’est en ce sens que le livre atteint sa dimension sociale bien traduite par le regard bleu que Valérie porte sur ses contemporains. En mettant en exergue Albert Camus "Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre" elle ne pouvait pas imaginer qu’elle allait, comme son auteur favori, nous mettre à l’envers et à l’endroit. Démarrant par un double suicide , espoir de ceux qui n’en ont plus ,l’opus délivre un tout autre message et donne à celles et ceux qui n’ont plus cette envie de vivre cette foi dans l’avenir !!Beau paradoxe...
Ce livre est à mettre entre les mains des parents et des enfants. .une belle leçon de vie !!!
A rembourser par la sécurité sociale et à mettre dans tous les lycées de France et de Navarre.
Douché par une fin étourdissante, l’ardoise magique à laquelle Valérie fait allusion, n’a pu effacer de ma mémoire cet instant de lecture envoûtant.
La seule critique que je pourrais faire est celle que je fais à mes amis, après un instant privilégié : "Vous partez déjà ?"
Le livre se referme avec le sourire de Valérie en filigrane…… alors à vous de l’ouvrir pour continuer mon bonheur de lecture.
On attend déjà le printemps prochain…… celui d’un prochain ouvrage !

Henri Delorme
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LE COIN DES LIBRAIRES

FNAC Paris - Forum des Halles

Coup de coeur >> Deux adolescentes, un suicide, une rencontre... et l'espoir.

Pascale

FNAC Reims

Coup de coeur >> A lire ! Valérie Tong Cuong nous offre un joli roman sur l'adolescence traumatisée. Simple et agréable à lire, on essaie de comprendre avec Mina (le personnage principal du livre) les raisons du suicide d'Alice, sa meilleure amie et celle qui lui avait redonné le goût de vivre, jusqu'à la surprenante fin de ce livre.

Virginie

Le Furet du Nord, Valenciennes

Un roman fort sur la détresse de certains adolescents qui vivent en équilibre sur le fil de la vie en s’aidant de subterfuges, de ressources insoupçonnées, de rencontres parfois salvatrices. Après Providence (son précédent roman à lire absolument), l’auteur explore avec finesse la fragilité et la force de ces héros du quotidien que sont Mina, Alice et Sans-Larme dans une histoire au retournement subtil. Laissez-vous toucher par ce roman psychologique porteur d’espoir.

Corinne

Librairie Pages d'Ecriture, Saint Yrieix la Perche

Alice et Mina sont adolescentes, habitent la même ville mais pas le même quartier. Car Alice est belle et riche, tandis que Mina vit avec son oncle et sa tante depuis la mort de sa mère, un oncle un peu effacé et une tante très envieuse. "J'avais seize ans lorsqu'elle est apparue. Dans ce lycée où tout le monde se connaissait depuis l'enfance, il y avait parfois des départs mais jamais d'arrivées: ce fut un évènement (...) Il y avait deux places libres, l'une devant près de la fenêtre, l'autre au milieu à côté de moi. Elle a hésité un instant, puis a traversé la classe pour me rejoindre sous les murmures insistants des derniers rangs."
Rien ne semble les lier et pourtant, une amitié va se créer entre les deux adolescentes. Une amitié fondée sur un mal de vivre, même si Mina qui se dit effacée, transparente, ne comprend pas comment Alice peut éprouver les mêmes sentiments qu'elle en vivant "le cul dans la soie".
De longues discussions, des réflexions et des interrogations sur leur vie et leur avenir les réunissent chaque jour, toujours chez Mina comme si l'on ne pouvait parler de la tristesse de la vie que dans un quartier triste, dans une maison triste. Jusqu'au moment où Alice prend la décision d'en finir. Jusqu'au moment où Mina décide de la suivre dans son dernier acte. "Je n'en peux plus de contempler le néant, avait soupiré Alice en m'annonçant sa décision dans la cour du lycée. je n'ai plus rien à faire ici mais je sais que même toi, tu ne le comprendras pas. C'est seulement après que tu le sauras. Elle avait raison, j'avais beau analyser sous tous les angles possibles, je ne voyais pas en quoi sa vie méritait une conclusion pareille."
Mais lorsque les deux jeunes filles se retrouvent sur le parapet, au-dessus de la voie de chemin de fer, seule Alice ira jusqu'au bout. Et pour Mina commencera un parcours difficile de "survivante", "celle qui n'a pas sauté. Celle qui a rompu le pacte - qui plus est sans possibilité de revanche." Car qui croira que c'est Alice qui a eu l'idée de cette fin tragique ? Comment Mina pourra-t-elle s'en sortir ? Peut-être vaut-il mieux affronter le présent, trouver la vérité qui se cache derrière Alice, comprendre pourquoi cette amitié fut si importante aux yeux de Mina ? "Il dit que régler la question Alice est importante, mais que l'essentiel est de régler la question Mina."
J'ai terminé ce livre depuis un moment déjà, mais j'ai mis du temps à pouvoir en parler. Non pas parce qu'il ne m'avait pas plu, bien au contraire, mais parce que ce livre représente un défi pour un libraire ! Comment raconter qu'il est bien autre chose que ce qu'en dit la quatrième de couverture sans dévoiler l'histoire et son dénouement ? Car ce qui ressemble à un roman introspectif sur l'adolescence, un roman triste et sans espoir (le livre débutant sur une décision de suicide), se révèle être un roman empli de questionnements, certes, mais aussi de beaux sentiments d'amitié et d'espoir qui apparaissent au fil des pages. Mina la survivante ne pourra contenir ces sentiments trop forts pour elle: elle devra les dire, mettre des mots sur son malaise, affronter ses peurs et ses incertitudes pour mieux s'affranchir du passé et voir son avenir. Effacer l'ardoise magique et recommencer. Aucun sentiment de malaise ou de tristesse à la lecture, juste l'envie de comprendre ces deux jeunes filles. C'est en tout cas ce qui m'a poussé à tourner les pages de ce roman à l'écriture précise, concise, sans aucun mot en trop, et douce.

Catherine Demontpion

Le blog de l'Espace Culturel Leclerc

Le titre - L'ardoise Magique - ressemble à celui d’un conte de fées et pourtant la première page nous plonge en plein cauchemar : Deux amies de dix-huit ans sont assises sur la rambarde métallique d'un pont. Un TGV surgit. Elles se sont juré de se suicider ensemble. Alice, la plus jolie, celle qui habite un quartier résidentiel, saute. Mina, orpheline, vivant chez une tante antipathique et étriquée, rompt le pacte. Elle s’enfuit. Puis elle nous confie son histoire.
Tel est l’un des dons de Valérie Tong Cuong de jouer si magnifiquement avec l’ombre et la lumière et de souffler tour à tour le chaud et le froid. L'ardoise Magique commence par nous faire frissonner dans les sous-bois lors d’une nuit de cafard puis nous réchauffe immédiatement d’un rayon de soleil automnal.

Christelle